Pastels secs et gras, acrylique, fixatif
Papier pastel
Dimensions: 42X59.4cm
Si vous avez un coup de coeur le prix est négociable (voir la rubrique Nous contacter).
Blanche, Antoine et Louis
Un homme nommé Antoine entre dans la maison,avance... et va jusqu'au fond du couloir, il cogne deux coups discrets et secs sur la porte du fond et interroge celui qui dans l'autre pièce se trouve. Mais l'heure est tardive et Louis ne dit plus rien. On entend sur le palier la voix d'une femme qui invite à partager un repas, un simple poulet bien rôti et odorant.
Un peu plus tard, les deux hommes s'installent sur le divan et échangent quelques tristes propos : Louis a envoyé une lettre à ses grands parents très agés pour leur annoncer sa mort prochaine. Mais, il ne veut pas que la missive leur parvienne.
Les deux hommes partent donc tous deux ce dimanche soir pour Saint-Malo où ils intercepteront le funèbre message. La nuit tombe, épaissit, et devient brumeuse mais ils roulent vers ce nouveau destin qu'ils ne maîtrisent pas!
Quand ils arrivent, la vieille femme aveugle et hésitante mais chaleureuse accueille Antoine et le presse devant un café brulant. La lettre est là, sur la table posée et le grand-père aux courses est parti. Les mots de rouge sont écrits et les caractères tout petits difficiles à déchiffrer.
Néanmoins, il raconte l' histoire fausse de Carmen, sublime, intelligente, au corps de rêve et ainsi, offrant de tendres baisers, il rassure la grand-mère et l'emmène chez sa cousine qui vit à quelques maisons depuis bien longtemps. Le village est fleuri, joli, et le femme agée dit s'y plaire, il y fait bon et le calme régne. Elle parle la vieille dame et raconte des moments de sa vie passée quand Louis était enfant et se promenait par les chemins.
Cependant, la vie s'est déroulée et glissant sur une route chaotique, n'a pas apporté le réconfort attendu. Maintenant, tous les deux s'installent sur la banquette rouge et rebondie du restaurant. Louis a peur, il souffre quand il reprend sa respiration et craint que les objets ne tombent, il se lève pour aller se mettre de l'eau sur le visage et dit qu'ensuite il sortira.
Antoine le rejoint, et l'homme sans espoir parle de cette femme qu'il aimait, il se demande si elle est mariée à ce jour et ses yeux s'emplissent d'une buée de larmes. La nostalgie, la peur et la jalousie sur son visage peignent un ton blème, les traits se durcissent, la lassitude et la langueur l'habitent désormais! Ce fut autrefois un beau rêve, une idylle charmante, de celles qu'on croit pour toujours car on ne sait pas qu'il est des lendemains et des pages qui se tournent...
Après quelques heures de conversation, d'échanges et de confidences, Antoine pensera à Blanche qui l'attend dans la maison de l'autre ville au bord du fleuve, il entrera dans la boutique parfumée du fleuriste et choisira les délicates fleurs aux pétales de soie, il en demandera plusieurs gerbes et en emplira ses bras pour les déposer à l'arrière de la voiture: une senteur aux charmes secrets envahit alors l'atmosphère et son visage s'éclaire d'un sourire heureux.
Quand il monte l'escalier, quand il ouvre la porte, quand il entre au salon, puis regarde dans la chambre, il trouve Blanche, la femme de sa vie, endormie, paisible et confiante. Il va chercher les si jolies fleurs et en garnit la table du salon et les vases de verre opalin . Il emmène et promène sur son chemin les effluves enivrantes. Blanche, sortie de son sommeil, encore flottante et bouffie, vient à ses côtés s'asseoir et le regarde.
Le 27 avril 2008 Danielle Zagni
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